En RDC, les survivantes de dommages sexuelles se reconstruisent de la sorte par le parturition



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« Capitale du viol », l’est de la RDC a hérité de ce terrible surnom à cause des nombreuses violences sexuelles infligées aux civils lors des différents conflits. Les victimes bénéficient d’une prise en charge médicale et psychologique. Mais parmi les facteurs de la résilience des survivantes, le volet socio-économique est particulièrement important.

« On ne renforce pas quelqu’un qui n’a pas d’initiative. Quel est votre projet ? » À la fondation Panzi, le docteur Denis Mukwege est venu motiver ses troupes. La fondation a pris en charge quelque 55 000 femmes victimes de violences sexuelles.

Elles sont aujourd’hui une trentaine à faire de la couture pour remplir une commande d’uniformes. Parmi elles, Karine, 19 ans : « J’ai été violée et on m’a amenée à l’hôpital pour me soigner. Et j’ai mis au monde un garçon. Quand j’ai quitté l’hôpital, on m’a amenée ici. J’ai suivi une formation de coupe et couture pendant un an et demi. »

Grâce à sa formation de couturière, Karine a gagné en indépendance : « Cela m’aide à acheter du savon pour nettoyer les habits de mon enfant et acheter quelques habits. Mais ce n’est pas encore suffisant. Aujourd’hui, je vais très bien parce que je n’ai pas beaucoup de difficultés. »

► À écouter aussi : L’Hôpital de Panzi, à Bukavu: la prise en charge psychosociale

Ange Batchoke couve du regard les couturières. Elle est chargée de promotion socio-économique à la fondation. « Quand ces femmes gagnent de l’argent, ça leur donne de la valeur, dans leur communauté et aussi vis-à-vis de leur mari qui les avaient rejetées. Ces activités sont très importantes, ça les aide à se réinsérer dans leur communauté. »

De la force et du courage

Aline Mwamini fait partie des survivantes. Soignée à Panzi, elle milite désormais pour le droit des femmes victimes de violences. « Bon nombre de survivantes n’ont personne pour les aider ou les appuyer. Une activité génératrice de revenus, c’est très important pour une survivante de violences sexuelles. », affirme-t-elle.

Aline Mwamin a aussi trouvé un certain équilibre grâce au travail. D’abord vendeuse de charbon, elle est devenue une véritable femme d’affaires. « Quand je vais à Panzi, tout le monde me regarde et dit : “eh, cette femme est devenue forte !”. Et moi, ça me donne de l’honneur, du courage, beaucoup de fierté parce que j’ai mon activité génératrice de revenus et tout le monde connait cette activité-là. Cela me donne de la force. »

Être autonome et active dans la société participe à la guérison, témoignent les survivantes.



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